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Descente aux enfers d'un enfant au Québec

La descente aux enfers d'un enfant franco-canadien (né au Québec) victime d'une détection précoce erronée au Québec en garderie par des personnes incompétentes. Tout ça pour un problème de vision!


Acte 14 : les questions que je me pose

Publié par HistoiredeGrégoire sur 12 Octobre 2012, 22:56pm

Catégories : #2. le processus de reconstruction

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Je me pose beaucoup de questions aujourd’hui encore : dysgraphique ou pas dysgraphique?

 

Pas dysgraphique en mathématiques, ça, c’est certain! Grégoire apprend les multiplications (enfin le début) et avec un jeu, il a rempli une page de calculs. En écriture, lorsqu’il s’agit de recopier une partie d’un texte il est vraiment pénible et ne veut pas le faire. Après motivation, il écrit son texte, avec beaucoup d’efforts et quand je lui demande s’il est fatigué, il dit que non. Par contre, il faut surtout de la ténacité pour le faire écrire. Pour les exercices d’écriture de textes : écrire une lettre, la fin d’une histoire, un animal imaginaire, là il écrit avec plus de facilité lorsqu’il invente quelque chose. Il a peur d’écrire… Quand on l’encourage à écrire seul, il commence à écrire seul avec la peur de faire des erreurs. C’est plutôt le côté technique qu’il faut lui rappeler. Il copie depuis récemment ce qui est demandé pour le cours par correspondance. 

 

Problèmes en motricité fine pour les boutons, l'habillage d'hiver au Québec... C'est certain!

 

Que dois-je en penser? Pas grand-chose! Tant qu’il écrit, on continue. Par contre, lorsqu’il s’agit de travailler en sciences ou en géographie ou encore en instruction civique, il rechigne moins à écrire. J’en ai discuté avec son ergo, il y a de quoi se poser des questions.

 

Pour le reste, on a finalement beaucoup de chance, parce que Grégoire est comme tous les autres enfants. Les attitudes de désespoir face à une tâche qu’il ne parvient pas à faire ont tendance à disparaître.

 

Nous avons donc passé une semaine à Washington. Une semaine intéressante. Grégoire a particulièrement apprécié le Musée de l’Espace et des Sciences naturelles.

 

On est allés au Zoo et pour la première fois, il a vu un panda. Les musées américains organisent beaucoup d’activités pour les enfants. Grégoire commence à parler l’anglais pour les présentations et les échanges simples. Même si ça l’empêche de poser des questions, Grégoire tente la communication en anglais. Les gens qui animent ces activités sont des retraités et Grégoire a adoré. Comme nous y sommes allés en période scolaire,les musées organisaient beaucoup d’activités pour les maternelles, des spectacles avec une excellente mise en scène. Par exemple, au Musée des Sciences naturelles sur le Mall à Washington, il a assisté à un spectacle sur les planètes destiné aux maternelles; ils montraient des représentations des planètes sous forme d’objet et sous couvert d’une histoire. Grégoire a presque tout compris. Il a adoré aussi les gadgets au Musée de l’Espionnage et les activités interactives du National Geographic. Les Américains adorent les présentations un peu spectaculaires. On a eu l’occasion de faire le tour du centre de Washington dans un bus trolley.

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Grégoire commence ses contacts avec l’anglais. L’anglais n’a pas été jusqu’à aujourd’hui notre priorité. La raison est simple, nous nous sommes préoccupés du reste avant. Grégoire, lorsqu’il joue avec de petits anglophones arrive à se faire comprendre. Maintenant, l’anglais devient une priorité au fur et à mesure qu’il grandit. Il apprend l’anglais avec Internet et les contacts quotidiens. On va prendre sûrement un étudiant et côtoyer davantage les groupes anglophones (on va uniquement voir des spectacles avec eux).

 

Si on le compare avec le mois de novembre 2011 pour l’écriture, c’est presque un miracle. Il reste dysgraphique pour le cours par correspondance pour les tolérances pédagogiques.

 

Pour l’instant, c’est sa vision qui nous fait faire du souci. Il ne voit plus trop bien de près. Nous attendons une place en Ontario. Nous allons rencontrer son ancienne ophtalmo en France en décembre.

 

Pour les caprices, on y a droit parfois, mais on sait toujours pourquoi :

 

Au Québec, quand un enfant fait un caprice, ça s’appelle une crise, surtout dans les garderies et dans les écoles. Un enfant qui fait trop de caprices, c’est un enfant qui a une pathologie sous-jacente dans certains milieux.

 

Il y a quelque chose qui m’a étonnée. C’est la pratique de la motricité en maternelle et la pratique de la gymnastique au primaire au Québec.

 

Tout le monde sait que la maternelle française organise pas mal d’exercices de motricité dans le cadre justement de la motricité, mais aussi dans le cadre de l’enseignement de la musique.Je me rappelle des bancs et des petits trampolines qui étaient disposés sous le préau ou à l’extérieur de l’école maternelle de Grégoire (où il est resté quelques mois). Malheureusement, il n’y allait que le matin (en raison de la course aux diagnostics et à la prise en charge et dans le village paumé dans lequel nous nous trouvions) et il n’a pas pu faire les activités de motricité que la maîtresse organisait. Quant aux cours de gymnastique, l’école en France en organise tous les jours ou presque.

 

Ce que Grégoire a fait en motricité au Québec quand il a été en garderie :

 

École Montessori de 1 à 4 ans : il n’a fait aucun exercice de motricité, c’est une évidence. Cependant, je ne leur reproche rien. La garderie ne disposait pas de locaux adaptés. À l’extérieur, il faisait froid l’hiver. Cependant, il y a suffisamment de mois dans l’année ou des activités de motricité organisées pourraient être organisées.

 

Quant à après, jamais il n’a fait de motricité.

 

En arrivant en France, il avait un retard énorme bien entendu, en raison et surtout du manque de pratique, ensuite en raison de sa vision, et enfin en raison de ses difficultés motrices. Je ne dis pas que c’est le bon ordre, ça peut être les difficultés motrices en premier, la vision en second et le manque de pratique en 3e. Sauf qu’avec la pratique et le psychomotricien, il a fait d’énormes progrès en motricité globale.

 

L’éducation physique, elle a presque disparu de l’enseignement primaire au Québec. Les deux écoles que nous connaissions (l’une de loin, l’autre fréquentée pendant 10 jours) ne disposaient d’aucun gymnase. Et quand on sait le froid qu’il fait en hiver… c’est impensable!

 

L’école par laquelle est passé Grégoire pendant 10 jours ne disposait d’aucun préau. Les enfants ne sortent pas l’hiver s’il fait trop froid… sur ordre de la directrice. C’est normal quelque part. Les seules activités de motricité proposées dans la garderie malsaine, c’était marcher l’hiver sur le trottoir dans le froid. Elles disaient aux parents que les enfants allaient à tel ou tel endroit. Puis lorsqu’on s’est aperçu qu’elles en racontaient plus qu’elles en faisaient, on s’est aperçu que les gamins erraient dans les rues sans but sur de grands boulevards avec beaucoup de circulation. Ils devaient se mettre en rang et marcher. Pour Grégoire, c’était sans lunettes (on apprendra beaucoup de choses par la suite) parfois à -15).

 

L’éducation physique, c’est une heure par semaine au maximum (quand ce n’est pas moins).

 

Il suffit d’aller voir sur Internet pour en avoir le cœur net.

 

On s’étonne après que les gamins aient envie de bouger. Le ritalin ou la ritaline a remplacé le gymnase et l’éducation physique à certains endroits.

 

En Ontario, l’école de quartier a un gymnase. Est-ce le cas de toutes les écoles de pouvoir se rendre dans un gymnase? Je n’en sais rien étant donné que Grégoire est à la maison. Tous les jours, on va faire des promenades en forêt (à 10 minutes de chez nous) en plus d’autres activités.

 

Le Québec investit peu dans la bonne tenue de ses écoles. L’école de Grégoire tombait en ruine. Ils faisaient des travaux en plein milieu de la cour. Les enfants n’avaient pas le droit d’y aller. Quant à la protection des enfants, il n’y avait aucune barrière. Dans son école, il n’y avait aucune barrière non plus… J’en ai vu beaucoup au Québec d’écoles non barricadées.

 

L’école québécoise est bourrée d’interdictions : pas le droit de monter sur un tas de neige (quand on connaît le climat!), pas le droit aux jeux de ballons dans la cour ou aux jeux de garçons… de se taquiner entre garçons ou filles. Les enfants n’ont pas le droit de jouer à certains jeux comme en France. La maternelle en France de Grégoire disposait de vélos et Grégoire était souvent occupé avec cette activité ou une autre. Au Québec, il y avait une structure qui était réglementée et limitée à un certain nombre d’enfants. Sinon, il n’y avait rien d’autre à faire.

 

Dans les écoles, il n’y a pas de cantine. Il y a parfois un service de traiteurs. Les enfants mangent froid (à certains endroits, il n’y a pas de micro-ondes parce que c’est dangereux). Les enfants mangent froid et il peut y avoir -20 dehors. Dans les garderies, les enfants mangent chaud, c’est obligatoire, je pense. Cependant à 5 ans, il y a de grandes chances que l’enfant mange froid…http://blogues.lapresse.ca/mere/2008/09/16/pour-en-finir-avec-les-aliments-interdits-a-lecole/

 

On ne parle pas d’arachides, mais de fraises, parfois de mangues ou de gâteaux au chocolat.

 

Dans certaines écoles, il a été décrété que l’enfant devait manger santé. C’est une bonne chose, mais ça retombe sur le dos des parents qui doivent préparer des aliments santé pour leurs enfants. C’est une bonne chose, mais c’est la direction qui décrète ce qui est bon ou non.Parfois, ça frise le ridicule…

 

http://blogues.lapresse.ca/mere/2008/09/16/pour-en-finir-avec-les-aliments-interdits-a-lecole/

 

Bon, les enfants mangent froid la plupart du temps alors que les écoles secondaires disposent au moins de cantines (pas toujours saines, mais bon!).

 

Qu’est-ce que cela signifie pour un enfant comme Grégoire : manger seul n’est pas le problème. Déjà, il faut qu’il ouvre les différentes boîtes hermétiques, ensuite il faut qu’il se débrouille seul à enlever certains papiers. Pour lui, quand il était à l’école, c’était bien entendu l’enfer. Maintenant, certainement un peu moins, mais ça reste toujours un casse-tête. Aujourd’hui, il est plus grand, mais il lui faudrait probablement de l’aide. Par comparaison, à la cantine de son école en France, les enfants étaient servis… À la maison, le problème ne se pose pas, il ouvre un yaourt avec difficultés, mais il y arrive. Par contre, il est évident qu’à l’école québécoise il avait beaucoup beaucoup de difficultés à manger seul et à ouvrir seul certains récipients. Il n’avait que 5 ans… Je pense que n’y arrivant pas, il faisait le fanfaron et c’est au moment de la pause de midi que Grégoire s’est aussi attiré les foudres de l’école et le reste.

 

Bien entendu, le fait que les écoles ne disposent pas de cantine où les enfants sont servis complique les choses pour un enfant ayant des troubles en motricité fine et une surveillante pour 30 enfants rend difficile d’aider plus particulièrement un enfant qu’un autre. Nous débarquions dans ce nouveau système et nous ignorions que peu d’aide était apportée aux enfants de 5 ans.

 

Certaines choses découlent du bon sens. Faire rentrer Grégoire à midi était impossible. Même si j’étais à la maison, la pause de midi était si courte qu’on aurait eu une vingtaine de minutes pour manger. Il y avait aussi le problème de stationnement…

 

Aujourd’hui encore, le fait que Grégoire doive se débrouiller seul à midi et avoir en même temps une alimentation équilibrée nous crée du souci.

 

D’après mon expérience, les enfants mangent aussi froid dans les pays scandinaves et ils sont obligés de rester à l’école. C’est assez peu inconcevable pour notre culture

 

Je voulais soulever un autre point : le bus scolaire. On emmenait Grégoire en voiture, mais le bus scolaire passait une demi-heure avant alors que l’école était à 7 minutes Len voiture. Pour lui, prendre le bus aurait aussi été un casse-tête. Il n’y a pas d’accompagnateur pour les maternelles. Le bon côté, c’est que lorsqu’on habite à plus de 1 km d’une école, on a le droit de prendre le bus le matin et le soir.

 

L’inconvénient, pas pour nous, mais pour beaucoup d’enfants québécois, c’est que je trajet de bus peut durer jusqu’à 3 heures par jour (aller-retour) alors que l’école se trouve à 10minutes en voiture. Certains diront que c’est se plaindre pour rien. Je ne parle pas d’endroits déserts, je parle de villes relativement importantes. C’est le défaut d’investissement ou le « pas d’argent ».

 

http://blogue.educationquebec.com/category/enjeux-educatifs/systeme-scolaire-quebecois/page/5/

 

Comparativement, nous avons habité à deux endroits en Ontario dans une ville importante. Les enfants pointent pour l’école francophone publique 25 minutes avant 9h, c’était à peu près la même chose là où nous habitions avant.

 

L’école francophone de notre coin en Ontario commence à 9 h, l’école où était scolarisé Grégoire au Québec commençait à 7h50. Il devait être au bus (si nous ne l’avions pas emmené en voiture) à 7h10. Il devait au maximum se lever à 6h20-6h30 à l’âge de 5 ans. Il n’aurait pas été le plus à plaindre comparé à ceux qui devaient prendre leur autobus à 6h50… à l’âge de 5 ans dans la plus grande ville du Québec.

 

Parlons aussi de l’habillage d’hiver à l’école : l’enfant doit enfiler sa salopette d’hiver, son blouson avec fermeture, son bonnet et ses gants plusieurs fois par jour. Bon, le climat est le même en Ontario et ce sera la même chose. Bien, pour un enfant dyspraxique/dysgraphique, cela s’apparente à l’enfer, surtout quand il avait 5 ans. Les problèmes de motricité de Grégoire se traduisent presque plus pour mettre un bouton ou un pull (il porte surtout des vestes) que pour l’écriture. Bien entendu, pour lui, mettre sa salopette d’hiver à 5 ans était impossible. Pour mettre sa salopette, il doit encore s’asseoir; pour mettre ses gants, il a encore besoin d’aide, pour défaire un bouton, c’est la même chose. Ici, il est presque impossible de trouver un pantalon épais avec des élastiques sauf des habits de sports.

 

Bref, certains problèmes de logistique (habillage, boîte à lunch et prise de repas de manière autonome et organisation de l’école en général) rendent encore plus difficile la scolarisation d’un enfant dyspraxique/ dysgraphique en général au Québec,. En France, on a testé, il n’y avait pas le problème d’habillage étant donné le climat plus clément, Grégoire ne restait pas à la cantine, s’il y était resté, il aurait été servi à table. Par contre, l’école en France était très loin et notre voiture était restée au Canada.

 

Quant à l’organisation au sein de la classe, je pense que cela aurait été un problème pour plusieurs raisons : l’usage de classeurs, le travail en groupe (et oui! Au Québec, ça commence à la maternelle), les méthodes d’enseignement. Dans cette école québécoise précisément, le découpage revêt une part très importante. L'enfant par exemple doit découper des mots étiquettes pour effectuer un exercice; de nombreux exercices sont avant tout basés sur des activités manuelles, pas seulement entourer, mais aussi colorier et surtout découper beaucoup plus qu’en France. Pendant les 10 premiers jours d’école au Québec en dernière année de maternelle, Grégoire n’a fait que découper, colorier… Le langage, qui est une force pour lui n’était pas exploité ou presque (enfin dans son ex-école)… Ce qui me met le plus en colère, c’est que dans cette école, ils exigeaient des prérequis alors que les gamins n’avaient jamais mis les pieds dans une école auparavant. Ces prérequis n’étant pas explicitement mentionnés, nous n’avons rien pu faire pour l’entraîner pendant les vacances. Nous avons insisté beaucoup pour lui faire aimer les livres et bien s’exprimer, nous avons encouragé sa curiosité. Nous ignorions en plus sa dysgraphie; il dessinait surtout quand il avait lu un livre sur un sujet., sinon il aimait beaucoup les constructions, et faire plein d’activités construites autour d’un thème par exemple et ne pas dessiner dans le vide. Je ne pensais pas que le dessin et le bricolage étaient si importants à l’école québécoise. On vivait dans deux mondes totalement différents.

 

Qu’aurait-il fallu pour qu’il s’intègre à l’école québécoise :

 

             Qu’on n’ait pas à se battre contre la garderie qui nous a acheminés sur un diagnostic qui ne lui correspondait pas (et qu’il n’ait pas subi de mauvais traitements par ces personnes pour asseoir leur diagnostic). On aurait en partie pu régler son problème visuel au moins et faire faire un bilan moteur.

 

             Qu’il y ait au minimum des médecins accessibles à Montréal. Finalement un bilan ergo aurait déjà pu nous conduire à un début de prise en charge (7 mois d’attente).

 

             La non-communication des renseignements personnels par l’ami de la directrice d’école (une des responsables de la garderie)

 

             Le non « tout pathologisation » du Québec.

 

Concrètement à l’école, il aurait fallu :

 

-  Ne pas avoir à prendre ses repas à midi sans une aide particulière (simplement quelqu’un qui veille un peu de loin lorsqu’il le demandait, mais en faisant peut-être plus attention à lui).

 

-  D’une aide ou l’équivalent quelques heures par semaine par une orthopédagogue ou une éducatrice spécialisée après évaluation objective de ses problèmes moteurs et de vision (ce n’est pas sorcier pourtant) et lui apprendre le « comment faire » sans qu’il y ait un risque de pathologisation. La mise en place d’une routine aurait été la meilleure façon pour qu’il puisse se débrouiller seul.

 

-  Une aide pour l’habillage d’hiver (qui a mon avis est plus que normale pour un enfant de 5 ans ou éventuellement l’aide d’un petit camarade.

 

Sauf qu’au Québec, pour obtenir de l’aide, l’école voulait faire un plan d’intervention; ce plan d’intervention immédiat était inutile étant donné qu’il n’avait été vu par aucun médecin et qu’aucune analyse sérieuse n’avait été effectuée :

 

-  Ni par un médecin (il aurait falluau minimum plusieurs mois d’attente pour que le gamin puisse voir un spécialiste (et surtout, il aurait fallu savoir quel spécialiste).

 

-  Les bilans ergo et en orthophonie étaient impossibles à faire avant 6 mois d’attente.

 

-  Pour la vision, on aurait pu demander à la personne qui le suivait, mais surchargé, je ne sais pas si le médecin aurait accepté de nous voir

 

En Ontario, nous aurions trouvé en peu de temps une ergo pour faire un bilan; on aurait sûrement eu un médecin de famille qui aurait pu nous aiguiller (ce n’était pas le cas à Montréal), au moins pour cela on est certain. J’ignore encore quelle aurait été l’attitude de l’école; néanmoins, suite aux mauvais traitements que Grégoire avait subis, même n’importe quelle école aurait eu une évaluation biaisée de l’enfant.

 

Pourquoi avoir refusé le plan d’intervention québécois :

 

-  - à cause de leur attitude biaisée dès le début (on ne comprenait pas pourquoi à l’époque)

 

-  À cause d’une non-collecte des données comme on dit ici, on ne fait pas un plan d’intervention si on ne connaît pas la cause du mal-être de l’enfant et si une analyse sur plusieurs semaines n’a pas été effectuée à l’école, en plus d’un bilan extérieur neutre effectué par des spécialistes (au moins en psychomotricité et en orthophonie non disponible à Montréal avant 7 mois).

 

-  Même pour un plan d’intervention provisoire, il faut avoir un minimum de renseignements et pas seulement se fier aux apparences.

 

-  Grégoire n’était plus l’enfant que nous avions connu quelques mois auparavant avant son passage dans la garderie malsaine (pour rester poli), donc nous savions que toute évaluation ne correspondrait pas à ce qu’il est en réalité.

 

-  On voyait le caractère précipité au lieu par exemple de proposer que l’enfant vienne à mi-temps au début le temps de s’adapter.

 

-  Les menaces qui ont été proférées si nous ne nous soumettions pas. Elles sont parties des paroles lancées en l’air par Grégoire pour se mettre en avant et elles ont extrapolé (on n’a jamais été menacés directement, mais indirectement).

 

-  J’ai assisté à un plan d’intervention dans ma vie pour une élève et ça ne s’est pas du tout passé comme ça..

 

Nous sommes partis en France pour la collecte des données étant donné que c’était impossible à faire au Québec.

 

Au Québec, enfin dans la commission scolaire où se trouvait Grégoire (et ailleurs aussi), l’octroi d’une aide de quelques heures ou d’une éducatrice spécialisée est souvent conditionnel à un diagnostic grave. L’école reçoit de l’argent seulement sur un diagnostic précis, sans diagnostic, pas d’argent, donc pas d’aide. Je comprends un peu mieux la précipitation. L’enfant a besoin d’une aide ponctuelle à certains moments de la journée (pour ça un plan d’intervention provisoire aurait pu fonctionner), dans cette école il fallait un diagnostic. En raison des bruits de couloir, le diagnostic était tout trouvé, même erroné, elles s’en moquaient. 22 000 dollars de subvention auraient été acceptables pour l’école pour l’aider à ouvrir ses boîtes à lunch, l’aider à s’habiller et lui apprendre à tenir des ciseaux et à se mettre en rang avec une psychopédagogue une heure par semaine.Il fallait accepter ce diagnostic d’autiste sans évaluation sérieuse alors qu’on savait depuis le début que c’était du n’importe quoi. On aurait infligé à cet enfant un traitement similaire à celui reçu à la garderie. Il ne faut pas s’en faire, il aurait été traité comme tel et le connaissant, il se serait révolté comme il l’a fait à la garderie. On lui aurait alors rajouté plein d’autres choses étant donné leur manière d'agir. Comment une école aurait-elle pu évaluer son problème de vision si complexe que seul l’un des grands spécialistes français a pu faire (d’autres renommés se sont plantés). Comment une école aurait-elle pu évaluer son dys alors qu’on a mis des mois à le cerner en France (en plus sans le concours de médecins spécialistes montréalais indisponibles pendant des mois, voire des années) et que dans le domaine de la dyspraxie, ils sont complètement nuls hormis des chercheurs de Sainte-Justine qui font des consultations seulement dans le but de préparer des recherches.)

 

Les évaluations d’école sont biaisées la plupart du temps, surtout quand il s’agit d’une question d’argent.

 

Chez moi, on ne vend pas ses enfants au diable! 

 

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Sol 04/11/2014 20:12

Je comprends mieux certaines différences avec mes collègues québecquoises ou canadiennes. En France, il n'y a pas forcément besoin d'une aide spécialisée en maternelle pour aider les enfants à
s'habiller. Il y a dans la plupart des écoles maternelle une ATSEM qui assiste l'enseignant dans tous les petits problèmes d'hygiène, d'habillage de préparation (elle découpe les étiquettes des
enfants qui en ont besoin sans qu'il soit besoin d'un diagnostic). Les enseignants participent aussi à cette aide apportée individuellement aux enfants. Pas de diagnostic à poser pour un enfant qui
a du mal à découper, il faut aussi savoir attendre... et observer...
Et effectivement, toutes les écoles maternelles font de la motricité (généralement tous les jours), toutes les écoles primaires aussi (2 h par semaine minimum même si les textes parlent de 3
h...)
Merci de vos remarques, elle nous font bien toucher du doigt les avantages apportés par les écoles maternelles françaises. Bon courage à Grégoire.

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