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Descente aux enfers d'un enfant au Québec

La descente aux enfers d'un enfant franco-canadien (né au Québec) victime d'une détection précoce erronée au Québec en garderie par des personnes incompétentes. Tout ça pour un problème de vision!


Acte 12 Le processus de réapprentissage de Grégoire

Publié par HistoiredeGrégoire sur 12 Octobre 2012, 23:00pm

Catégories : #2. le processus de reconstruction

Grégoire a toujours été un enfant qui aimait apprendre. Trouvant qu’il ne faisait pas grand-chose en garderie, j’ai décidé de lui faire découvrir des livres et des activités de moyenne section prises sur un site d’enseignants. Il a été très réceptif. Entre le mois de février-mars (date où ont eu lieu les principales maltraitances en garderie), il a été très difficile d’intéresser Grégoire à ces activités qu’on faisait auparavant.

En arrivant en France, il était tellement dans un état déplorable qu’il était difficile de lui faire faire une activité. J’ai senti qu’il n’était pas encore prêt pour aller à l’école après les chocs qu’il avait reçus. D’ailleurs, il était impossible qu’il aille à l’école les trois premiers mois, en raison de son état, en raison des bilans qu’il effectuait auprès de tous les spécialistes. Certains prenaient une semaine entière; pour d’autre il fallait faire 80 km aller-retour, ça nous prenait toute la journée. Après avoir été rassuré qu'il ne correspondait en rien à l'autisme (on espérait encore apporter les preuves à l'école québécoise au fond de nous) et la découverte de son énorme retard en motricité, il a fallu commencer la rééducation intensive en motricité globale. On a donc commencé à étudier le français d'un cours par correspondance qu’on avait déjà reçu. Je prenais le reste des activités sur les cahiers achetés dans les librairies ou les grandes surfaces. Au début, il a fallu lui donner confiance en ses capacités et il n’était pas rare qu’il arrache la feuille en disant qu’il n’était pas capable de faire l’activité. Puis il se décourageait vite, très vite. Il a fallu s’asseoir à côté de lui et reprendre le temps de faire les choses. Celles qu’il aurait dû faire à la maternelle en France  et qu’il n’a pas eu la chance de faire au Québec. Cette situation n’a pas duré longtemps. Grégoire faisait des progrès énormes et les tests sont là pour l’attester. En 15 jours, il avait envie de travailler sur des activités. Le problème était la maîtrise des chiffres. J’ai demandé à son psychomotricien de travailler là-dessus. Puis, à partir du mois de décembre, nous avons pris le programme intégral du cours par correspondance correspondant à la grande section. Grégoire a rattrapé tout son retard en 6 mois et en mai, il avait terminé le programme avec des bonnes notes, alors qu’il allait à l’école à mi-temps à partir de janvier, qu’il rencontrait encore des spécialistes pour préciser s’il avait ou non une dyspraxie . Grégoire venait d’avoir 6 ans et les diagnostics de dyspraxie sont établis seulement à 6 ans.

Il avait encore cette peur d’échouer pour les exercices de graphisme ou à l’école les exercices écrits en trop petit (on s’apercevra par la suite qu’il n’y voyait rien). Autant c’était un enfant facile pour toutes les activités, y compris pour les arts plastiques et la musique, autant il était impossible quand on abordait l’écriture ou les exercices de graphisme.

Puis Grégoire ne correspondait pas au profil type de dyspraxie, son QI verbal et QI performance sont homogènes et très élevés, il a commencé à bien écrire les chiffres, parce qu’il aimait les mathématiques et qu’il était motivé pour les écrire. J’ai commencé à douter fort qu’il avait une dyspraxie. Nous avons ensuite enquêté sur sa vision, il lisait mais que des gros caractères. Je recopiais souvent les exercices en gros sur le cahier. Nous avons donc passé les quatre derniers mois à voir des ophtalmologues, des neurorthoptistes qui n’ont constaté aucun problème en matière visuo-spatiale et nous nous sommes rendus finalement à Nantes pour y voir l’équipe Péchereau. Grégoire a retrouvé la moitiè de son acuité visuelle. Le diagnostic de Nantes a confirmé finalement les mesures d’une autre ophtalmo spécialiste dont le cabinet est spécialisé en neuroorthoptie. Il a tellement progressé en motricité globale et avec les autres bilans qui ENFIN le décrivait, on a obtenu le diagnostic de dysgraphie. (Malheureusement, ils n'ont vu qu'une partie du problème de vision qui sera réellement détecté fin 2012). Donc, il n’est pas dyspraxique et c’est déjà une bonne chose. Son problème ne concernerait donc que la motricité fine. Néanmoins, j’ai un questionnement. Grégoire a eu ses nouvelles lunettes le 12 mai et il a été testé pour la dyspraxie le 13 mai. Se pourrait-il que son défaut de vision (il faut au moins 8 jours pour s’adapter aux nouvelles lunettes selon l’ophtalmo) n’ait pas entravé les tests pour qu’il soit côté dysgraphique. La spécialiste que nous avons rencontrée est l’une des meilleures du domaine en France, donc il est certain que dans l’état où se trouvait Grégoire le 13 mai, il cotait dysgraphique avec une acuité visuelle qui devait être de 6/10 à ce moment-là.

Puis nous sommes arrivés en Ontario. Nous avons décidé de continuer le cours par correspondance comme solution d’attente. Nous voulions :

-         Prendre des précautions avant de l’inscrire dans une école, dans un autre système éducatif.

-         Avoir le cœur net pour savoir quels sont les aménagements pédagogiques nécessaires pour lui afin de ne pas le précipiter dans l’enfer.

 

Les exercices d’écriture étaient toujours un enfer pour lui. La maîtresse du cours par correspondance après l’envoi du certificat médical n’a pas sanctionné son écriture. Ils ont été très tolérants à ce sujet; Grégoire  a fait tous les exercices d’écriture difficilement. J’ai fini par contacter une ergo en Ontario recommandée de fil en aiguille pour la dysgraphie. C’est une anglophone. Grégoire à partir d’avril s’est mis à écrire beaucoup plus facilement. Il écrit plus facilement quand il s’agit d’écrire dans une matière qu’il aime, l’instruction civique ou les sciences.

 

Aujourd’hui, Grégoire est en CE1;  il écrit seul, mais il a toujours un peu peur de ne pas y arriver. Il voit toujours son ergo. Nous avons quelques différences culturelles, parce qu’au Canada, ils apprennent l’écriture cursive en 3e année et Grégoire a commencé en 1ère année. Il a fallu expliquer cela à son ergo. Elle s’est adaptée. Grégoire écrira en écriture cursive et rien d’autre. Depuis la rentrée, il se produit une sorte de miracle. L’écriture est toujours assez grosse; d’ailleurs les lignes d’écriture des cahiers canadiens sont énormes par rapport aux lignes françaises. Pour les évaluations, je prends le modèle français (pour les CP). Il écrit tout seul plusieurs lignes. C’est vrai qu’on prend notre temps, mais je ne souhaite pas qu’il utilise l’ordinateur pour l’écriture pour le moment.

Il écrit d’une manière plus souple. Les progrès sont tels que je me suis demandée parfois s’il est dysgraphique. Et s’il ne s’agissait que d’un retard et que les résultats des tests ont été faussés en raison de sa vision non corrigée correctement au moment des tests?

C’est l’avis de certains membres de la famille. Néanmoins, pour en être certain, il passe d’autres tests en ce moment qui sont administrés par son ergo qui le connaît depuis 6 mois maintenant. Il est vrai que Grégoire adore faire diverses constructions et qu’il utilise sans problème sa motricité fine. C’est aussi ça qui me fait douter et douter les maîtresses qu’il avait en France; un enfant dysgraphique, dans son cas, devrait avoir des problèmes de motricité fine dans tous les domaines, or, ce n’est pas le cas.

 

    

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Descente aux enfers au Québec 12/11/2014 05:20

Merci d'avoir apporté votre témoignage notamment d'enfants qui avaient des difficultés de vision. Ca me le plus grand bien. Mon fils a fait des progrès spectaculaires en quelques semaines après ses
lunettes progressives et depuis deux ans. Donc, je n'y crois plus... Mais finalement, la priorité pour l'instant est l'amélioration de ce qui ne peut être corrigé avec ses lunettes. Nous avons
rencontré quelqu'un de vraiment compétent en Ontario. Ce type de prise en charge est rare en Amérique du Nord, encore plus au Canada alors qu'en France, on trouve de nombreux orthoptistes (ici, ce
sont des optométristes dont les mandats sont un peu différents). Merci encore!

Sol 04/11/2014 19:39

Les enfants dysgraphiques sont très différentes les uns des autres. Mon fils dysgraphique est aussi dyspraxique, mais il est excellent dans tout ce qui est construction, notamment les légos. Il se
débrouille plutôt bien en motricité fine.
Enseignante de GS, j'ai déjà vu des enfants avec une excellent motricité fine, mais qui se révèlent dysgraphiques quand on apprend l'écriture cursive. Certains ont un problème de tonus, d'autres de
vision (c'est effectivement une des causes les plus courantes mais difficile à détecter)... J'ai vu aussi (mais pas dans ma classe) des enfants devenus dysgraphiques car la méthode d'enseignement
de l'écriture a été catastrophique... Enfin, je suis dysgraphique tout en excellent dans les activités de motricité fine (couture, etc...)
Votre enfant peut donc tout à fait être dysgraphique tout en n'ayant pas de problème en motricité fine. Bon courage...

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