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Descente aux enfers d'un enfant au Québec

La descente aux enfers d'un enfant franco-canadien (né au Québec) victime d'une détection précoce erronée au Québec en garderie par des personnes incompétentes. Tout ça pour un problème de vision!


Acte 1 : la charmante garderie

Publié par histoiredegregoire sur 2 Mai 2012, 00:55am

Catégories : #1.descente aux enfers

 

 

 

Au début de l'histoire de ce blog, nous sommes une famille sans histoire. Grégoire a 5 ans, il est né au Québec de parents français. Il a été 3 ans et demi dans deux garderies sans histoire puis un mois dans une école privée où on lui demandait trop d’autonomie pour ses 4 ans et demi (s’habiller seul, manger seul ou presque des sandwichs à midi...). Cela ne nous a pas plu alors, on a décidé de remettre Grégoire dans une garderie publique, un centre de la petite enfance de Montréal. Ce sera la pire erreur de notre vie. Grégoire est un enfant heureux de vivre, mais dans la réalité, il a de gros ennuis de vision, notamment une grosse hypermétropie, un strabisme, couplés d’astigmatisme et d’un énorme problème de focalisation. Il connaît à ce moment-là une perte en motricité, il commence à s’énerver quand il ne peut pas faire une tâche impliquant la focalisation comme mettre ses chaussures, effectuer une tâche de près. Par contre, tout ce qui implique la vision intermédiaire, tout allait à peu près bien (faire des constructions...). La vision de loin se détériore également. Avant cela, dans la garderie Montessori où il est resté 3 ans, il se débrouillait bien, donc, c’est la raison pour laquelle nous avons conclu que la « perte de vision » et la « perte de motricité » qui  en découle datent d’avril 2009, date à laquelle il y  a eu négligence dans le suivi visuel dans un hôpital de Montréal. On mettra des années avant de rétablir le mieux possible la situation. Nous serons mal conseillés, mal orientés. Grégoire a été maltraité, on n’y comprenait, rien, comment un enfant a pu développer une anxiété en milieu de garde pour les activités de motricité fine, pour suivre ses camarades sur des structures de jeu... Nous avons rétabli une situation satisfaisante aujourd’hui. Malheureusement, d’autres interprétations ont été faites. Slide1 (Small)

 

 

Revenons au début de l’histoire : je vais essayer de rapporter le calvaire que Grégoire, mon petit garçon âgé de 5 ans a subi à l’époque dans un CPE de Montréal. Un CPE est un centre de la petite enfance, une garderie, c'est-à-dire une entreprise à but non lucratif qui reçoit des subventions du gouvernement québécois.

Nous l'avons scolarisé dans une école privée, mais il demandait beaucoup trop d'autonomie pour son âge. Ben oui, par comparaison, en France, on n’exige pas des enfants qu'ils prennent leur repas froid sans aide; il n'y a pas de micro-ondes pour réchauffer ses plats et nous voyons déjà les mois d'hiver avec -10 ou -20 dehors. Ils font en plus preuve de trop de sévérité. Après tout, vous êtes des enfants.

On ignore pour l’instant sa mauvaise prise en charge de la vision, la perte de ses acquis en motricité. Nous  avons donc décidé de l'enlever de ce milieu parce que ça ne correspondait pas à l'idée qu'on se faisait de l'éducation.

C'est ainsi qu'on a décidé de le remettre dans une garderie québécoise. Nous avions eu deux bonnes expériences, enfin une seule dans le milieu purement québécois. La première où il est resté 3 ans était dirigée par des Anglophones.

 

  • L'accueil de la garderie     

Depuis fin octobre 2009, nous sommes accueillis dans ce CPE avec bienveillance tous les matins et tous les soirs, généralement par la directrice, Nathalie J.

 Sur les panneaux, ils affichent les menus qui semblent bien bons et des panneaux publicitaires indiquent le programme qu'ils suivent.

Grégoire arrive vers 9 h; il défait ton manteau à l'aide de son père et il entre dans la petite salle. Il n’y a pas beaucoup de jouets, mais l'éducatrice Marie semble proposer des activités intéressantes. Après la collation du matin, il doit y avoir une activité quelconque, puis les enfants sortent.

Puis l'après-midi, il y a la sieste. Après la sieste, nous supposons que des activités sont organisées. Une fois par semaine, je crois, il y a une activité musique.

 Puis deux mois passent. Je le vois assez anxieux quand il sort de la garderie. Quelques minutes après, ça va beaucoup mieux.

Nous nous faisons du souci, parce que Grégoire aime apprendre plein de choses; mais il ne rapporte jamais rien à la maison, aucune activité.

Pour Noël, il ramène une pauvre carte de Noël. Papa et maman commencent à se poser des questions. Il devient de plus en plus anxieux en sortant de la garderie.

Puis j’ai l'occasion de rencontrer par hasard des groupes de garderie qui se « promènent » dans les rues avec une éducatrice parfois pour 8 ou 10 enfants, il y a parfois deux groupes et deux éducatrices pour 15-18 enfants de 3 à 5 ans. Parfois, il fait -10 ou -15.

Je me pose de nombreuses questions : je vois ces pauvres petites choses errer l'hiver dans les rues très fréquentées, sans but la plupart du temps.

Grégoire commence à avoir peur qu'on lui prenne son assiette avant qu’il finisse de manger à la maison. Nous commençons à voir que quelque chose ne va pas. Ben oui, quand nous apprendrons un an plus tard qu’il ne mangeait probablement à sa faim à la garderie, parce qu'elles enlevaient ton assiette avant qu’il ait fini. Bien oui, Grégoire mange plus lentement que les autres... Je suppose aussi que, comme pour mettre le manteau, il devait y avoir une compétition. Dès qu’il sortira de ce camp de concentration, il lui faudra encore quelques mois pour qu’il n'ait plus peur qu'on lui prenne son assiette.

 Marie démissionne au mois de janvier; elle a trouvé un autre travail. Papa et maman veulent savoir ce qui cause cette anxiété qu’il a développée à la garderie. On pense qu’il n’y a rien de grave; nous l’avons emmené au sud des États unis puis à Disney et il avait presque tout oublié. Nous allons d'ailleurs rencontrer Marie avant son départ pour qu'elle nous donne son impression sur cette anxiété.

La personnalité de ton éducatrice Marie nous paraît sympathique au premier abord : sportive et dynamique. Par contre, elle commence à s'étonner que que Grégoire ne sache pas mettre son manteau d’hiver tout seul (il s’agit de manteaux d’hiver canadiens avec salopette de ski). Elle adore faire de bonnes blagues québécoises et elle s'étonne que l'enfant ne les comprend pas. Une fois également, elle l'a entendu prononcer un mot au passé simple. Ben oui, les histoires qu'on lui lisait tous les soirs étaient au passé simple et il a dû ressortir un verbe au passé simple par hasard, parce que, nous, nous ne l'avons jamais entendu parler au passé simple. Ah oui, il a conservé aussi un accent français, ça, aussi c'est suspect! Mais bon, étant donné le milieu québécois que nous côtoyons, je ne m'étonne pas. Puis dans la garderie bilingue, ils ne parlaient pas français avec l'accent québécois... En plus, il est né de parents français.

  •     La réunion   

 Nathalie J., la directrice s’est invitée à la réunion, elle n’était pas prévue. Elle me pose des questions d'ordre médical, sur nos antécédents familiaux et sur le développement de Grégoire. Elle prononce des termes que je prends pour des québécismes. La plupart des termes qu’écrira la directrice nous sont inconnus, pas dans le sens, mais par la portée médicale qu'ils revêtent. Le rapport qu’elle rédigera sera un véritable rapport psychiatrique que des parents sont dans l’incapacité de comprendre. Ce n’est pas le rapport en lui-même qui lui portera tort, ce sont les symptômes alignés les uns après les autres. Pour faire l’énumération de ces symptômes, Nathalie J., la directrice de la garderie a « mis dans le même sac » les problèmes de vision (que nous ignorons puisqu’il était suivi régulièrement en ophtalmologie), de motricité fine et sa différence culturelle et elle en a rajouté des mensonges indolores avec des interprétations; il n’a jamais côtoyé ou presque le milieu québécois, mais le milieu international (garderie bilingue...). C’est un véritable moulin à paroles d'habitude. Apparemment, il ne comprenait pas « tous les termes » qui étaient employés dans cette garderie et encore moins les blagues de son éducatrice.

Par exemple, défaire son manteau était un véritable calvaire, lorsque Grégoire était occupé se bagarrer avec ses habits, les premiers qui y étaient parvenus étaient valorisés; lui, il était humilié. Il n'écoutait pas le reste des consignes et Nathalie J. la directrice a interprété cela à sa façon ainsi que beaucoup d'autre chose. Nathalie J., la directrice parlait d’un besoin urgent de consulter en psychiatrie en passant « par-dessus » sa pédiatre. D'ailleurs, la fameuse directrice ne le connaissait quelques semaines avant que comme un garçon très poli et qui s'exprime bien. Quant à son éducatrice Marie, elle m'a dit qu'elle avait cherché sur le dictionnaire les termes mentionnés par la directrice. En gros, elle a établi sur Grégoire un rapport psychiatrique sans te connaître. 

Papa et maman ne voulaient pas sortir l’artillerie lourde tout de suite et nous souhaitions qu’il consulte une psychologue. Sans véritable médecin de famille, sauf la pédiatre qui souhaitait nous recevoir une fois par an, nous étions bien entendu désorientés. D’ailleurs, nous avions déjà pris cette initiative; nous souhaitions obtenir le point de vue de l’éducatrice Marie pour savoir ce qui se passait à la garderie en vue de consulter cette psychologue. Si nous avions su, nous n'aurions rien demandé.

 Matthieu, le nouvel éducateur est arrivé. Il était très bien. Grégoire l’avait seulement 4 jours par semaine; un jour par semaine, il avait également la « barjot » qui s’appelait Marie-Josée. C’est elle qui se chargera de « prouver à tout prix » qu’il était porteur de ce diagnostic établi par elle et finalisé par Nathalie J., la directrice de la garderie.

Un enfant lui a cassé ses lunettes à deux reprises; elles étaient pliées en deux. Marie-Josée a dit que c’était lui qui les avait cassées en s’énervant; lui, Grégoire disait que c’était un enfant. Il avait raison parce que ni avant ni après il ne les a cassées de la sorte (une branche cassée, jamais pliées en deux). Il a été décidé de lui enlever les lunettes pendant de courtes périodes (toboggan) pendant les promenades; les éducatrices lui ont finalement enlevé les lunettes pendant de très longues périodes : de l’habillage pour  la promenade jusqu’au retour, c’est-à-dire pendant une heure et demie le matin et autant le soi, pendant qu’il errait dans la rue, dans le froid, avec son groupe de camarades, pendant l’habillage, le déshabillage... Nous apprendrons bien plus cette « errance » dans les rues, ces promenades sans but... À la garderie, on nous disait toujours le contraire.

La psychologue que nous avons consultée a pris ce rapport de garderie pour argent comptant. Elle ne nous a pas expliqué ce qu’il contenait. Je répète encore une fois, le rapport était indolore pour des parents novices. Elle nous a dit qu’il fallait vérifier s’il avait un trouble envahissant du développement ou de l'autisme. Elle ne nous a jamais dit sur quoi elle basait ses conclusions. Elle ne nous a pas aidés à décrypter le rapport de la garderie. Elle n’a donc pas fait son travail malgré des honoraires de 100 dollars de l’heure.

Cette annonce a été pour nous comme un tremblement de terre. J’ai contacté de multiples interlocuteurs, associations de parents au Québec. Il n’y avait rien à y faire, Grégoire ne correspondait à aucun des symptômes. On pensait que c’était un délire de la psychologue... on ne savait pas à l’époque que c’était le CPE qui avait inventé ce diagnostic.

Nous étions très contents de Matthieu. Il faisait de la musique... c’est d’ailleurs la seule activité que Grégoire a dû faire pendant les deux mois suivants.

Nous sommes donc entrés dans l’engrenage.

C’était à nous de prouver que ce qui était raconté était faux. Et c’est ce que nous aurons encore à faire pendant de nombreuses années :  

La psychologue 1 constate qu’à 5 ans Grégoire ne sait pas tenir un crayon ; parfaitement calme lors des séances, elle dit qu’il « conteste » la consigne lorsqu’il faut réaliser des activités de motricité fine, argumente, propose à la psychologue de faire des activités où il peut se valoriser comme les puzzles compliqués. Elle ne discute pas avec lui, ne lui demande pas pourquoi il ne veut pas faire ces choses en motricité fine, ne nous dit pas d’aller lui faire passer un bilan en motricité pour savoir où il en est. Elle reconnaît qu’il s’exprime bien...  La logique ne voudrait-elle pas qu’elle nous conseille d’aller voir l’ophtalmologue ou d’aller un faire un bilan en motricité pour un enfant qui a de gros problèmes visuels devant son nez et qui « ne tient pas bien un crayon »...

Il a de multiples intérêts, s’exprime bien, argumente, il est calme et gentil, voyage autour du monde, sort tout le temps... Elle aurait dû soupçonner toute autre chose... : précocité, troubles de la coordination... Aucun test n’est réalisé, aucun bilan écrit. Oralement, elle nous dit de continuer à suivre le processus d’évaluation conseillé de l'autisme, sans nous dire vraiment ce que la garderie est à l'origine de ce diagnostic. On croyait que tout venait d’elle.

En gros, nous continuerons à devoir prouver au monde que Grégoire n’est pas atteint d’autisme et ce sera le cas tant que nous resterons au Québec. La base : une aide-éducatrice sans diplôme qui a aidé la directrice de garderie à pondre un rapport.

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