Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Descente aux enfers d'un enfant au Québec

La descente aux enfers d'un enfant franco-canadien (né au Québec) victime d'une détection précoce erronée au Québec en garderie par des personnes incompétentes. Tout ça pour un problème de vision!


Acte 26 : Une étude abordant la pression au diagnostic et à la médication dans les milieux scolaires

Publié par HistoiredeGrégoire sur 25 Octobre 2013, 11:00am

Catégories : #5. Condamner et témoigner

Comme je l’ai mentionné tout au long de ce blog, c’est donc les écoles et les garderies qui jouent un rôle prépondérant dans les diagnostics, les diagnostics erronés, la prise de médicaments chez les enfants.

Voici une étude réalisée en 1999 à l’échelle locale par un chercheur universitaires du Groupe de recherche sur les aspects sociaux de la santé et de la prévention et École de service social,
Université de Montréal, par la Régie régionale de la santé
et des services sociaux .
 

http://www.srpinc.org/ritalinf.htm

 Il est possible de trouver un résumé de l’étude sur le lien suivant :  le paragraphe portant sur les pressions scolaires pour diagnostiquer et médicamenter va de le sens de notre expérience, et explique (même si on le sait déjà) les diagnostics erronés à l’école et en garderie, le rôle des acteurs (professeurs, médecins...) dans l’étiquetage des enfants et cela explique notre histoire. Ce rapport a déjà 13 ans ; le phénomène ne fait que s’accentuer... mais vers d’autres diagnostics également  :

« Voici les faits saillants environnant la détermination du diagnostic et la prescription de la médication:

Dès la première année d'école, les enseignants identifient comme symptomes possibles de TDAH différents problemes: inattention, dérangement de la classe, trouble de comportement, échec scolaire.

Les enseignants réfèrent l'enfant pour une évaluation psychologique, et suggèrent aux parents de faire évaluer l'enfant chez un médecin. En fait, les enseignants initient tout le processus de prise en charge mais leur participation est ensuite limitée.

Les parents résistent à envisager la médication et l'enfant est éventuellement référé à un spécialiste pour évaluation médicale (pédiatre ou neurologue) seulement lorsque l'enfant est évalué par les intervenants psychosociaux à l'école.

Les médecins sont contraints par les circonstances de diagnostiquer sur la base d'évaluations psychologiques ou psychosociales incomplètes ou insatisfaisantes. Ils se sentent surchargés de cas et sensibles aux pressions exercées sur les parents par l'école.

Les intervenants psychosociaux critiquent la rigueur de l'évaluation médicale, pendant que les médecins de première ligne éprouvent de la difficulté à poser le diagnostic suite à l'absence de critères biologiques, et les contradictions entre les évaluations faites par les parents, les enseignants et les intervenants psychosociaux. Les médecins spécialistes critiquent sévèrement pour leur part, le manque de connaissance des intervenants psychosociaux.

Tous les acteurs constatent un manque de communication entre les divers groupes, et notent que les ressources sont minimales après le diagnostic. Il y a constat d'un manque de support à tous les acteurs et aux familles. Il y a surtout absence de suivi pour les enfants.

"Les médecins de famille et spécialistes sont unanimes à propos des pressions exercées par l'école auprès des parents afin que ces derniers consultent un médecin. Ainsi, les parents comprennent qu'ils sont dans l'obligation de rencontrer un médecin, sinon l'enfant serait retiré de la classe ou suspendu de l'école." [Page 22 du rapport]. L'exigence de l'école auprès des parents pour que leur enfant prenne des psychostimulants est tellement forte dans certains cas que des parents vont jusqu'à demander à leur médecin de "rassurer" le personnel scolaire sur les capacités de leur enfant.

L'intensité des pressions exercées par l'école sur les parents sont un sujet de préoccupation majeur pour les médecins et spécialistes, ainsi que les pressions exercées directement sur eux par l'école, ceux qui ne prescrivent pas de médication n'étant plus référés par les écoles qui fourniraient de préférence le nom de médecins qui sont plus favorables à la médication. [page 26 du rapport]

Les médecins de première ligne et les spécialistes affirment qu'une fois médicamenté, l'école retire le soutien à l'enfant et sa famille. Un des médecins participant à l'étude est même allé jusqu'à dire "qu'un problème scolaire avait été médicalisé car l'école s'est désistée de son rôle primordial auprès des enfants."

Il est constaté que la médication ne devrait pas être la seule intervention, mais qu'elle l'est, dans les faits. Il est constaté qu'elle sert de prétexte à réduire les services aux enfants, car aucun des acteurs ne s'estime capable d'assurer le suivi des enfants médicamentés, dans les conditions actuelles.

La disponibilité de la médication et l'insistance de l'école à l'utiliser sans autres services forcent les acteurs à agir à l'encontre de leurs idées. Les entretiens auprès des divers intervenants révèlent que chaque intervenant se sent démuni, isolé et incapable de contrer les pressions à prescrire des stimulants semblant émaner des autres intervenants ou de l'école.

Le constat final est tellement accablant que les auteurs l'ont exprimé sous forme d'une question: "La médication sert-elle surtout à apporter "ordre" et "calme" dans le système?".

On peut également se demander si les politiques de limitation extrême des budgets de tout le réseau scolaire pratiquées par nos gouvernements depuis plusieurs années ne jouent pas un rôle important dans cette flambée de "déclarations" de cas d'hyperactivités, dont l'explosion a coïncidé avec la mise en application de ces politiques, car, point qui n'est pas couvert par l'étude, les montants versés aux écoles par le ministère pour encadrer chaque enfant "déclaré" en difficulté est supérieur au montant versé pour un enfant qui n'est pas déclaré en difficulté, et ceci s'applique même si les enfants déclarés en difficulté ne sont pas aidés au-delà de la prescription de psychostimulants, qui en soit ne coûte rien à l'école.

Des actions collectives sont présentement considérées au États-Unis contre les fabricants et certains promoteurs de la prescription de ces drogues pour que cesse la promotion à outrance de ce type de prescription. Il serait donc peut-être à-propos qu'une enquête publique soit instituée au Québec pour déterminer si des pressions sont exercées sur les enseignants pour que des "quotas" d'enfants en difficulté soient remplis. »

Bref, cette étude démontre tout ce qui est énoncé dans ce blog et pourquoi un tel système fait au Québec des victimes comme Grégoire ou bien d’autres enfants.  Comme je l’ai dit, cette étude n’est pas récente, donc le phénomène s’est amplifié pour les diagnostics erronés comme le TDAH et d’autres diagnostics comme le TED ou la dysphasie ces dernières années plus rémunérateurs. Ceci dit, cela ne signifie pas encore une fois que certains enfants ne souffrent pas de TDAH ou d’un autre diagnostic, mais le financement supplémentaire des enfants déclarés en difficultés, faussement étiquetés pour la plupart (une difficulté visuelle ou de surdité considérée comme un problème en santé mental, une allergie ou autre) et l’augmentation exponentielle des élèves étiquetées s’expliquent. Avec le recul, toutes les écoles ne font peut-être pas des élèves dits en difficultés, un fonds de commerce ; néanmoins, ce phénomène est très répandu du côté de Montréal et la Montérégie...

Ce qu’il faut savoir aussi, c’est que le système de santé québécois s’est grandement détérioré depuis 1999... pas de médecin de famille pour 2 millions de Québécois (sur 7 millions), les visites sont aujourd’hui expresses... ceci explique cela...

Dans d’autres pays, il y aurait eu la fronde des médecins et des intellectuels à l’encontre de ce phénomène. Au Québec, on trouve des fragments de témoignages, des articles de journaux, quelques émissions radio... mais la liberté de la presse est un autre débat.

Les conséquences d’un tel phénomène dans les écoles et les garderies :

Le retard de la véritable prise en charge. Pour la vision, certaines prises en charge ne peuvent pas s’effectuer au-delà de 6 ans : l’amblyopie... et l’oubli des éléments essentiels (pour Grégoire, l’astigmatisme hypermétrope).

Les mauvais traitements infligés aux enfants pour qu’ils cadrent avec le diagnostic décidé par la garderie ou l’école (étant donné que le système de santé s’est grandement détérioré depuis 1999 fait que malheureusement, il est très difficile de trouver un médecin spécialiste capable d’effectuer de vrais analyses et de contrer le diagnostic maison des écoles et des garderies, les écoles et les garderies sont donc devenus les principaux acteurs de ce phénomène d’étiquetage).

Ce sont bien entendu des situations extrêmes dont Grégoire a été victime. Néanmoins, c’est assez courant à certains endroits comme Montréal... et encore plus sur les familles les plus modestes.

L’effet pygmalion : le comportement des autres (adultes et pairs) à l’égard de l’enfant diagnostiqué de manière erronée, perte de confiance dans les capacités de son enfant, incompréhension parce que l’enfant ne correspond pas à la description qu’on en fait à la garderie/école.

L’argent dépensé souvent pour rien.

Et tous ceux qui ne savent pas et qui suivent les écoles... Dans 10 ans, on aura les premières conséquences de ces politiques ; enfin, c’est déjà le cas avec le taux de décrochage.

Enfin, une anecdote peu banale : quand j’étais à l’école en France, certains parents suivaient à la lettre les conseils des professeurs pour une orientation professionnelle précoce. Certains enfants ont été mal orientés alors que ce fut un succès pour d’autres. Au Québec, les écoles et les garderies ont le pouvoir de faire mettre un diagnostic en santé mental sur l’enfant, sur des bases peu solides et ce diagnostic erroné jouera un rôle nuisible pour la plupart de ces enfants qui deviendront aussi des hommes et des femmes. Quel avenir se prépare le Québec quand un quart ou un tiers des enfants d’une classe prend des médicaments inutiles pour la grosse majorité. Il y a aussi le business de l'industrie pharmaceutique... Enfin, on a bien fait d'avoir foutu le camp. 

Quelques pistes sur les pressions de l'école pour médicamenter/diagnostiquer les enfants :

  http://www.dlvdm.com/forum/lofiversion/index.php/t255405.html

http://www.erudit.org/revue/smq/1997/v22/n1/502104ar.pdf (page 232)

http://www.santecom.qc.ca/Bibliothequevirtuelle/santecom/35567000024221.pdf (l'annexe 2 en dit long sur la pression exercées sur les parents/médecins par les professeurs et les intervenants sociaux dans les écoles). Etude réalisée en 1999 sachant que ça va en s'empirant!

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Archives

Articles récents