Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Descente aux enfers d'un enfant au Québec

La descente aux enfers d'un enfant franco-canadien (né au Québec) victime d'une détection précoce erronée au Québec en garderie par des personnes incompétentes. Tout ça pour un problème de vision!


Le prestige en France de l'optométrie canadienne

Publié par Descente aux enfers au Québec sur 20 Mai 2016, 12:11pm

En deux ans (lorsque je me rends en France), il m'est arrivé d'entendre que l'optométrie canadienne est excellente et que bon nombre d'étudiants français souhaitent faire leurs études particulièrement au Québec. Récemment, un membre de ma famille en France s'est fait dire la même chose il y a quelques jours.

Bien entendu, je me pose des questions. Comment se fait-il que seul un ophtalmo en Ontario a mis le doigt sur le véritable problème de mon fils qu'à l'âge de presque 8 ans alors que mon fils était suivi depuis l'âge de deux ans et demi au Québec par des optométristes et des ophtalmologues dans un soi-disant prestigieux hôpital?. Qu'en France, ils n'ont pas su remettre en cause pendant des mois sa prescription médicale québécoise, sauf à la fin pour ce qu'ils prenaient pour une évolution de sa vision probablement.

Moi, j'ai vu pendant des années mon fils souffrir pour toutes les activités de près et même se fatiguer rapidement. Même sa vue à distance, avant qu'elle ne soit "traitée" par les Français (ils ont oublié en quelque sorte la vision de près). Sa vision aurait pu être améliorée dès 2010.

Comment tous ces gens sont passés à côté avant ce fameux mois de décembre 2012?

Du côté québécois, je mets cela sur le compte du manque de temps consacré aux patients des hôpitaux. En effet, jusqu'à ce que mon fils soit suivi au 3 semaines jusqu'en avril 2009 par une orthoptiste étrangère, tout allait bien. Malheureusement, elle a eu un cancer. Donc, ce n'est pas un suivi au 6 mois, 10 minutes-15 minutes pour chaque patient pour l'orthoptiste et 5 minutes par le médecin qui aurait permis qu'on corrige rapidement son problème. Le temps consacré au patient n'étant pas suffisant, on ne peut pas faire du bon travail. C'est aussi simple que cela!

Les orthoptistes français pratiquent la rééducation visuelle. Certains optométristes canadiens le font également, en pratique privée, dans un cabinet à l'extérieur de l'hôpital. On nous répète depuis que Grégoire a 2 ans qu'il n'a pas besoin de rééducation visuelle dans ce même hôpital de Montréal.

Voici le témoignage d'une orthoptiste française ayant travaillé au Québec.

" Ici l'exercice libéral n'existe pas et on ne fait pas du tout de rééducation ni de réfraction (car pas le temps!!)"

http://orthoptie.net/pro/temoin/quebec.htm

J'ai moi-même écrit à une autre orthoptiste française qui avait un blog il y a quelques années. Elle m'a confirmé aussi ce manque de temps consacré à chaque patient et ce manque de prise en charge (pas de rééducation par exemple). Selon l'orthoptiste de l'époque à qui j'ai écrit à Québec, ils étaient heureux lorsqu'ils parvenaient à rétablir une vision de 5/10. On me parle de compétences, oui, mais on peut sortir de la meilleure école au monde d'optométrie, si on ne prend pas le temps de consacrer suffisamment de temps aux patients alors on passe à côté.

Puis entre septembre 2010 et juin 2011, nous étions en France où Grégoire a rencontré 5 ophtalmos, leurs assistants et des orthoptistes.

La première, nous l'avons vue deux ou trois fois peu de temps après notre arrivée. Elle n'a rien modifié, contente de la prescription précédente québécoise (pourtant elle a pignon sur rue). On mettait l'anxiété de Grégoire sur la dyspraxie, d'accord, mais le pauvre gamin avait des problèmes de vision; toute la famille s'en rendait compte, mais tant que les ophtalmos disaient que tout allait bien, il fallait aller chercher l'anxiété ailleurs. Puis ma rencontre avec une généraliste (toujours en France) a été déterminante. Je n'ai cessé de chercher des personnes qui se rendent compte de son trouble visuel. J'ai été voir des ophtalmos prestigieux, dont l'une a été franchement mal grossière en me disant que mon fils n'avait rien et que la patiente précédente avait un cancer de la rétine ou quelque chose de semblable. Une autre, un peu plus consciencieuse a découvert que la vision de loin de Grégoire n'était pas satisfaisante. Elle lui a fait une nouvelle prescription que j'ai fait confirmer au CHU de Nantes. Grégoire a retrouvé son regard pétillant en sortant de chez l'opticien, son anxiété assez fréquente a constamment diminué. Il était encore anxieux pour les activités scolaires d'écriture, de lecture... Cela s'accentuait... J'utilisais des outils visuels pour mal voyants...

Ce n'est qu'un an et demi plus tard qu'il aura ses lunettes progressives et qu'un ophtalmo ontarien (qui justement n'a pas étudié au Canada, mais en partie aux Etats-Unis et en Europe) remettra son traitement à plat.

Que s'est-il passé en France? Pourtant, ils ont consacré du temps à Grégoire. Pourquoi n'ont-ils rien vu? J'apportais chaque fois le dossier médical (en vision) québécois et mon intime conviction est qu'aucun de ces médecins n'a remis en cause les prescriptions québécoises ou si peu. Aucun médecin n'a osé remettre à plat le traitement de mon fils comme cela sera fait en Ontario en décembre 2012. A-t-on été les victimes de cette réputation mondiale de l'optométrie et de l'ophtalmologie canadienne? Je pense que oui! Ces praticiens français n'ont pas fait leur travail correctement.

C'est des années après, en contactant moi-même un optométriste pour la rééducation visuelle de Grégoire que je me suis rendu compte que les optométristes et les ophtalmos se dénigrent les uns les autres.

Je voyais mon fils souffrir au quotidien. Je le savais, toute la famille le savait! Le soulagement grâce aux lunettes progressives a été immense. L'anxiété a disparu tellement rapidement. Vous me parlez d'un enfant anxieux aujourd'hui, je vous ris au nez!

Tout cela pour dire que cette fois, je ne m'y laisserai pas prendre. Je pars en France rencontrer d'autres gens... d'autres pistes pour améliorer le quotidien de mon fils.

Je ne m'arrêterai pas là. Le prestige, je m'en fiche. La prochaine fois, si ce n'est pas concluant, nous irons à Boston.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Archives

Articles récents